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Bouygues Telecom : record dans le fixe, revenu mobile sous pression

Bouygues Telecom : record dans le fixe, revenu mobile sous pression

Bouygues Telecom publie ce 30 juillet des résultats semestriels contrastés, détaillés dans son communiqué du premier semestre 2026. La dynamique commerciale reste solide, avec un record trimestriel dans le fixe, mais le revenu moyen par client mobile continue de s’éroder dans un marché toujours très concurrentiel.

18,8 millions de lignes mobiles hors objets connectés

Fin juin 2026, Bouygues Telecom compte 18,822 millions de lignes mobiles hors objets connectés (MtoM), contre 18,453 millions un an plus tôt, soit une progression de 369 000 lignes en un an, ou 2,0 %. Ce périmètre, suivi par notre observatoire du marché mobile, regroupe forfaits et prépayé. Comme toujours, ces chiffres mesurent des cartes SIM actives publiées par l’opérateur, pas nécessairement autant de clients distincts.

Le parc forfait progresse plus vite : 18,765 millions de lignes fin juin, en hausse de 426 000 sur un an (+2,3 %). L’écart avec la croissance du parc total s’explique par le recul du prépayé, tombé à environ 57 000 lignes contre 114 000 un an plus tôt. Sur le semestre, Bouygues Telecom a recruté 173 000 clients forfait, dont 82 000 au seul deuxième trimestre — des chiffres qui portent sur le parc forfait, pas sur l’ensemble du parc mobile.

Le revenu moyen mobile continue de baisser

En parallèle de cette croissance, le revenu moyen recule. L’ABPU mobile s’établit à 16,70 euros par mois au deuxième trimestre, en baisse de 0,60 euro sur un an, soit -3,5 %. Bouygues attribue ce recul à des prix d’acquisition encore bas, en particulier sur les forfaits digitaux, dans un marché qu’il décrit comme très concurrentiel. Dans le même temps, le chiffre d’affaires des services mobiles recule de 2 % au deuxième trimestre, à 960 millions d’euros contre 980 millions un an plus tôt.

Orange a également publié deux jours plus tôt un revenu moyen mobile en baisse. Pendant ce temps, les usages progressent : les clients de Bouygues consomment en moyenne 23,8 Go de données par mois au deuxième trimestre, contre 22,4 Go un an plus tôt (+6,3 %), sur le périmètre publié par l’opérateur, qui exclut le MtoM, le BtoB, BTBD et La Poste Telecom.

Un record trimestriel dans le fixe

Le fixe constitue le point fort de ce semestre. Bouygues Telecom gagne 69 000 abonnés haut débit au deuxième trimestre, ce que l’opérateur qualifie de record pour un deuxième trimestre. Le parc atteint 5,548 millions de clients, après 116 000 recrutements sur l’ensemble du semestre. Sur un an, la progression atteint 315 000 abonnés, soit 6,0 %.

La fibre tire cette croissance : le parc FTTH gagne 96 000 accès au deuxième trimestre et 185 000 sur le semestre, pour atteindre 4,877 millions, en hausse de 546 000 sur un an (+12,6 %). La fibre représente désormais 88 % du parc fixe, contre 83 % un an plus tôt. Dans sa présentation aux investisseurs, l’opérateur affirme par ailleurs être le premier à proposer la technologie XGS-PON, qui permet des débits jusqu’à 8 Gbit/s symétriques, sur l’ensemble de son réseau fibre.

Contrairement au mobile, le fixe conjugue volumes et valeur : l’ABPU fixe progresse de 0,20 euro sur un an, à 33,20 euros, et le chiffre d’affaires des services fixes gagne 5 % au deuxième trimestre, à 648 millions d’euros contre 617 millions.

Des finances stables, une rentabilité en léger retrait

Sur l’ensemble du semestre, le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom atteint 4,031 milliards d’euros, en hausse de 3 %, tandis que le chiffre d’affaires services reste stable à 3,210 milliards. Le chiffre d’affaires facturé aux clients, indicateur privilégié par l’opérateur, progresse de 1 % à 3,243 milliards : la croissance du fixe y compense le recul du mobile. Le reste de la hausse provient des autres revenus (821 millions, +16 %), principalement les terminaux, accessoires et travaux.

L’EBITDA après loyer ressort quasi stable à 954 millions d’euros, contre 956 millions un an plus tôt, pour une marge de 29,7 % contre 29,9 %. Le résultat opérationnel courant des activités (ROCA) recule davantage, de 32 millions à 274 millions d’euros (-10,5 %), une baisse que Bouygues présente comme attendue, liée à la hausse des amortissements découlant des investissements passés. Les investissements bruts d’exploitation, hors fréquences, diminuent d’ailleurs de 90 millions, à 616 millions d’euros.

L’opérateur confirme ses objectifs 2026 : un chiffre d’affaires facturé aux clients et un EBITDA après loyer proches de 2025, environ 1,3 milliard d’euros d’investissements bruts hors fréquences, et un cash-flow libre avant variation du besoin en fonds de roulement d’environ 600 millions d’euros hors La Poste Telecom et avant surcharge d’impôt sur les sociétés, soit environ 500 millions en intégrant les deux.

Ces perspectives n’intègrent pas les effets éventuels du projet de rachat d’une partie de SFR, dont le protocole a été signé le 6 juin avec Free et Orange sur la base d’une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros, avec une quote-part de 42 % pour Bouygues Telecom. L’opération reste soumise à la consultation des instances représentatives du personnel et à l’examen de l’Autorité de la concurrence et de l’Arcep.

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